Il s’agit d'un montage de trois pièces courtes: « Pique- nique en campagne » , « Guernica » et « Fando et Lis », de l’auteur Franco-espagnol, Fernando ARRABAL .

Le Théâtre Atelier Bûle a choisi de  travailler sur des textes de Fernando Arrabal, choix motivé par la beauté des textes mettant en scène des personnages à la fois cruels et fragiles, drôles et pathétiques, magnifiques et grotesques, tellement humains.

Le spectacle se joue sur une piste de cirque /arène où on assiste à la mise à mort des personnages qui renaissent d’une pièce à l’autre, sous d’autres identités mais toujours  pris aux pièges de situations absurdes et cruelles qui les dépassent et qui les transforment en marionnettes  pitoyables.

PIQUE NIQUE EN CAMPAGNE :

Un champ de bataille, les bombardements font rage, Zapo, jeune recrue reçoit la visite de des parents qui viennent passer leur dimanche à la campagne, survient un soldat ennemi qui va partager le pique-nique avec la famille.


GUERNICA :

Les faits qui sont à l’origine de cette pièce tout comme du célèbre tableau de Picasso sont le bombardement en avril 1937 de la ville Basque de Guernica puis le mitraillage des populations par plusieurs escadrilles allemandes à la demande du général Franco.

Dans sa maison détruite,  un vieil homme Fanchou parle avec sa femme Lira enfouie sous les décombres : ils bavardent , se chamaillent, se réconfortent et parlent , parlent beaucoup  pour ne pas voir la mort en face, pour continuer à vivre encore un peu.


FANDO ET LIS :

Fando et Lis, un couple-enfant éperdument amoureux, en quête d'une vie meilleure, fait route vers Tar, ville énigmatique semblant être un lieu rêvé, une sorte de paradis terrestre où les souffrances s’envoleraient. En chemin, ils rencontrent les « trois hommes au parapluie », personnages étranges venus d’ailleurs : Toso incarne la constance et la sagesse, Mitaro et Namur un couple incarnant la dualité et le conflit. Eux aussi se rendent à Tar, mais leurs interminables querelles retardent leur avancée.

Ce trio burlesque, « inconscient de Fando », accompagnera le jeune couple dans leur cheminement tragique.

Ce dramaturge de dimension internationale, chassé d’Espagne par le franquisme a dénoncé dans son théâtre et dans ses films toutes les formes du totalitarisme et de l’aliénation. Il a grandi sous la dictature militaire en Espagne et a été témoin de la répression, de la destruction des libertés, de la corruption des armées et de l’église et de la misère du peuple.

Pour Arrabal, l’occident est en déclin et il en en souligne les contradictions dans un immense éclat de rire. Dans son théâtre grandguignolesque le monde familier s’effrite comme un décor de carton-pâte., il y a là une célébration de la confusion qu’Arrabal appelle le « panique » tout à la fois tragédie et farce, un mélange de répugnant et de sublime, de vulgarité et de poésie.

Les héros du théâtre d’Arrabal sont d’éternels enfants, de perpétuels inadaptés, étrangers, décalés par rapport à leur propre destin. Leur monde est à l’image de celui de l’enfance, pur et cruel à la fois, où le bien et le mal sont étroitement mêlés. Ce sont des bourreaux et des victimes aux actions contradictoires et imprévisibles qui renvoient une image drôle et pathétique de nos sociétés.